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Rapport des ateliers de la Journée d'étude à l'initiative du Ministre Emir Kir
15 mars 2011
"Parlons cash de l'avenir des jeunes !"
Rapport des ateliers
Compte-rendu de la journée d’étude du 15 mars 2011 réunissant les acteurs du monde de la formation, de l'emploi et de l'enseignement. Les 3 ateliers thématiques organisés visaient à favoriser les échanges et à faire remonter les points de vue de chacun sur les actions à soutenir afin de mieux amener les jeunes vers la formation professionnelle.
A.- Exposé du Ministre Emir Kir en charge de la Formation professionnelle, de la Culture, du Transport scolaire, de l'Action sociale, de la Famille, du Sport et des Relations internationales à la Commission communautaire française.
Le Ministre a souhaité réunir les acteurs de la formation professionnelle, de l'emploi et de l'enseignement pour que les efforts concertés contribuent à un meilleur avenir pour les jeunes Bruxellois, particulièrement touchés par le chômage. Il rappelle que le Collège de la Commission communautaire française tend à apporter des réponses concrètes aux difficultés rencontrées par les jeunes demandeurs d'emploi bruxellois. Ces réponses concernent simultanément l'accompagnement systématique des jeunes, à commencer par ceux sortant des études, et le renforcement de l'offre de formation. Ainsi, en 2011, le budget complémentaire, issu pour partie de la Région et pour partie de la COCOF, sera affecté prioritairement à l'organisation d'une offre de formation supplémentaire afin d'accompagner au mieux les demandeurs d'emploi, dont les demandeurs d'emploi de moins de 25 ans.
La journée d'étude vise à contribuer à établir un ensemble de priorités d'action ciblées sur les jeunes en recherche d'intégration socioprofessionnelle.
B.- Introduction au film réalisé par le Centre Vidéo de Bruxelles
Lors de la présentation du film "Témoignages", le réalisateur Christian Van Cutsem insiste sur la volonté ayant présidé à sa réalisation à savoir : l'écoute et la transmission la plus fidèle possible des témoignages des jeunes rencontrés. Il souligne aussi la collaboration précieuse de divers acteurs en vue de susciter la participation des jeunes à ce film.
C.- Projection du film
Quelques réactions du public.
« Ce film montre des réalités que beaucoup d’entre nous connaissent déjà et des jeunes comme nous en rencontrons régulièrement. J’avoue cependant être étonnée par leur lucidité et leur capacité de dire les choses auxquelles nous pensons parfois, mais que nous n’osons proclamer à voix haute… »
« J’ai trouvé ce film à la fois nuancé et… sans nuances. On est axé sur la sociologie des intérêts des jeunes – qui peuvent se tromper – dans une logique qui se veut indifférente aux différences du système d’enseignement envisagé, le débat étant bloqué au niveau des intérêts personnels. Or le but est d’offrir à tout le monde une chance d’avoir une scolarité. Cela demande évidemment un certain nombre de nuances. »
« On a pu relever à travers ce film une réelle discrimination de certains jeunes de certains quartiers. On a évoqué des procédures d’embauche anonymes, mais au sein desquelles certains prénoms stigmatisent… »
« Ce qui m’a frappé dans ce film, c’est le manque manifeste d’information des jeunes en décrochage sur les alternatives à l’école. Ils disent clairement que l’école ‘ce n’est pas pour eux’, mais ils savent peu ce qu’il peuvent faire d’autre et répercutent un certain nombre de clichés sur les formations ‘professionnalisantes’ … »
Le débat tendant à glisser vers une remise en cause de l’école et de l’éducation en général, l’animateur enchaine en recadrant l’objectif de la journée (approche ‘solution’) et en introduisant l’exposé par l’Agence Alter du constat global qui fera l’objet des échanges en ateliers destinés à identifier à l’aide des acteurs de terrain les meilleurs pistes pour améliorer la situation.
D.- Contextualisation et constat global par l’Agence Alter.
Présentation par Julien Winkel des notes de cadrage envoyées aux participants en préparation à la Journée (voir documents en annexe).
E.- Temps d’atelier
A noter qu'au terme de la journée, les participants ont eu l'opportunité d'indiquer quelles étaient, parmi les différentes pistes évoquées, celles à mettre au rang des priorités premières. Le compte rendu mentionne le nombre de "votes" en regard à différents schémas d'action notés lors des ateliers. Ces préférences ont été formulées par de petits groupes de participants constitués à cette fin.
Atelier 1 : Comment amener les jeunes à entrer formation ?
Que faire pour renforcer, stimuler, améliorer les contacts et les liens entre le monde de la formation et de l’insertion professionnelle et les jeunes « en difficulté » ?
Piste 1 : améliorer et amplifier l’information
En matière d’information, il s’agit d’aller à la rencontre des jeunes dans leurs quartiers, leurs lieux de vie, à l’instar des opérateurs de GSM qui ont des stands d’information dans des stations de métro. On fait référence au Bus d’Infor Jeunes qui est présent sur des marchés, dans des quartiers... « C’est une formule qui marche très bien et dont on pourrait s’inspirer ».
Passer aussi par les contacts de proximité : les écoles, les maisons de jeunes, etc. (4 votes)
Rendre l’information plus accessible, moins administrative, en utilisant davantage les possibilités de l’image. On peut s’inspirer par exemple d’excellentes vidéos de présentation des métiers techniques. Utiliser aussi les possibilités des réseaux sociaux.
Rassembler l’information en un seul lieu qui jouit d’une bonne visibilité ; par exemple en créant une ‘Cité des Métiers’ ou en développant Carrefour Formation, qui est une structure existante, mais insuffisamment connue. Il existe beaucoup d’initiatives, mais l’information est très dispersée, elle devrait être davantage centralisée, il faut éviter le saupoudrage de l’information.
D’autres préconisent plutôt des actions décentralisées de proximité. On revient au bus présent dans les quartiers. Mais l’un n’exclut pas l’autre, note-t-on. (7 votes)Former et motiver les profs/PMS à mieux informer les jeunes sur le monde du travail : présenter l’éventail des formations et des métiers et expliquer leur pertinence, avec des exemples et des objectifs concrets. Objection de certains : est-ce bien le rôle des professeurs ?
Le secteur de l’insertion socioprofessionnelle (ISP) et les intervenants de formation aussi doivent « sortir de leurs murs’ » et aller dans les écoles pour informer les jeunes. Soit très tôt, dès le début du secondaire, soit plutôt vers 15-16 ans, à l’âge charnière.Information/sensibilisation des jeunes par les jeunes eux-mêmes. Il faut davantage jouer sur la fonction d’exemple, valoriser et rendre visibles des parcours d’insertion réussis. Suggestion concrète : créer une fonction d’ambassadeurs. Des jeunes ou jeunes adultes en fin de formation viennent présenter leur (futur) métier à des adolescents et expliquer le parcours qu’ils ont suivi. Dans le même ordre d’idées : mieux valoriser la vitrine que constitue SkillsBelgium (cf. participation au Mondial des Métiers). La Région de Bruxelles-Capitale (RBC) et la COCOF apportent un soutien financier (modeste) mais devrait encore davantage s’impliquer. (7 votes)
Nécessité cruciale de mieux informer les parents. Mais comment ? Nécessité d’une étude préalable pour déterminer par quels médias passer pour les toucher et comment s’adresser à eux. (1 vote)
Piste 2 : susciter le désir pour conduire au projet
Il s’agit d’accrocher le jeune par des activités ludiques, créatives, …, avant de l’orienter vers une formation. Et de profiter de cette phase d’accroche pour cerner réellement ses intérêts, ses désirs, ses envies, et pouvoir sur cette base lui proposer un parcours de formation adapté.
S’adapter à la temporalité du jeune : voir quand il est prêt, lui permettre une plus grande flexibilité pour qu’il puisse décider du moment opportun d’entrer en formation.
Pour certains, la question de la temporalité concerne (aussi et) surtout le traitement administratif des dossiers. Il y a un tel décalage entre le moment où un projet est introduit et celui où il est accepté, qu’entre-temps le jeune a perdu sa motivation ou a même quitté l’institution. Il faut être beaucoup plus rapide sur la balle.Travailler en priorité la dimension collective : c’est dans et souvent à travers le groupe que le jeune peut donner un sens à ses projets. Il faut qu’il puisse accrocher ses désirs et ses envies à une démarche collective.
Mieux équiper les écoles et les centres de formation. Leur donner des moyens adaptés au monde du travail actuel. On cite le cas d’ateliers de menuiserie qui ne disposent pas des machines utilisées aujourd’hui par les entreprises ; de formations en travaux de bureau qui utilisent des logiciels dépassés… On ne peut pas motiver les jeunes s’ils ont l’impression de travailler avec du matériel vieillot. Les jeunes entrent dans l’emploi par la pratique, ils sont en demande d’emploi, pas de formation : il faut donc que celle-ci soit attrayante. (7 votes)
Piste 3 : renforcer le lien avec le monde du travail
Sensibiliser les entreprises à faire le pari de l’emploi des jeunes et à assumer leur responsabilité sociétale.
Créer et imposer des quotas d’emplois jeunes au sein des entreprises.
Un principe dont certains soulignent la dangerosité et les effets pervers. On risque aussi de brader les jeunes et leurs compétences.Renforcer et adapter les programmes Jeep (‘Jeune Ecole Emploi tout un Programme’ = journées découverte du monde du travail dans les écoles). Mais n’est-ce pas plutôt aux partenaires sociaux de le faire?, s’interroge-t-on. Aujourd’hui, ce sont des collaborateurs de la mission locale qui vont présenter aux jeunes les métiers du bâtiment, par exemple, alors qu’ils n’ont jamais travaillé eux-mêmes dans ce secteur. Est-ce que ce ne serait pas plus crédible si c’était fait par/avec des partenaires sociaux ?
De plus, les programmes Jeep touchent le public de 5e et 6e années de l'enseignement secondaire, alors que la plupart des jeunes en décrochage ont déjà quitté l’école avant cela. Quant à le faire plus tôt, certains rappellent la ‘temporalité du jeune’ évoquée plus haut : trop tôt, cela risque d’être inopérant.Développer les contacts entre l’entreprise et l’école : renforcer le nombre d’heures de stage en entreprise, le tutorat d’entreprise, les contrats de formation professionnelle individuelle en entreprise (FPI) et les faire mieux connaître. Renforcer toutes les possibilités de contacts entre des jeunes et des entreprises… (13 votes)
Utiliser aussi d’autres médias pour réduire les préjugés réciproques et déconstruire les stéréotypes : par exemple des CV de jeunes sur support vidéo. (4 votes)
La ‘mise au travail’ peut aussi prendre, pour nombre de jeunes, un aspect informel (économie grise) et faire émerger une forme d’expérience issue de la ‘débrouille’, sans passer par un emploi ‘officiel’. Il serait utile de prendre en compte cette expérience et de mener à ce sujet une recherche-action afin de décrypter leurs stratégies.
Piste 4 : sensibiliser et impliquer les opérateurs
Mieux former les intervenants de première ligne (comme ACTIRIS) à l’importance du premier contact avec les jeunes : ce premier contact est souvent déterminant pour gagner la confiance du jeune et pouvoir ensuite mener avec lui un travail de fond ; si ça ne se passe pas bien, il risque de ne pas y avoir de deuxième chance.
Laisser une plus grande liberté aux opérateurs de formation pour proposer des solutions innovantes, en dehors d’un cadre institutionnel trop rigide.
La mise en réseau des partenaires, avec un référent central pour le jeune, est en soi une bonne chose, mais elle a souvent des effets pervers : tout le monde se renvoie un peu la balle. Le référent oriente le jeune vers un service ou un intervenant, si ça ne marche pas le jeune revient chez lui, le référent l’envoie ailleurs, et ainsi de suite… Il faut arrêter ce ‘parcours du combattant’ et prendre le temps de mettre en place une approche cohérente : non pas ‘balader’ le jeune à gauche et à droite, mais faire avec lui un bilan de compétences, construire un projet d’avenir avec un programme adéquat. Il pourrait s’agir d’un module obligatoire pendant un stage d’attente ‘new look’ (voir ci-dessous).
Supprimer les filières de formation aux métiers obsolètes (comme la couture) et développer au contraire celles qui débouchent sur des métiers d’avenir ou des ‘fonctions critiques’ (confrontées à une pénurie structurelle de main-d’œuvre spécialisée).
Piste 5 : adapter le cadre légal au mode de vie du jeune
Simplifier les démarches que les jeunes doivent entreprendre ; prévoir des horaires de fonctionnement plus adaptés à leur mode de vie. (4 votes)
Supprimer le stage d’attente (au minimum: lui donner un autre nom), remplacer l’allocation d’attente par une ‘allocation de détermination’. Mieux utiliser cette période pour laisser le temps au jeune de définir un projet (en lien avec la temporalité, cf. ci-dessus), en profiter pour mettre en place des offres alternatives et valoriser toute activité que le jeune entreprend à ce moment-là : s’il fait du volontariat ou s’il s’engage dans un projet (tels que ‘Solidar-cité’, Année citoyenne, Art2Work,...) il doit pouvoir conserver ses droits et être dispensé de l’obligation de rester disponible sur le marché de l’emploi (alors qu’aujourd’hui, ce n’est pas clair et il risque de perdre ses droits).
Attention cependant aux dérives possibles (pression pour que le jeune fasse du volontariat en remplacement du stage d’attente).
Si on met en place des offres alternatives pendant la période d’attente, il est essentiel de prévoir des moyens pour accompagner les jeunes, sans quoi cela ne servira à rien. (16 votes)
Assouplir les conditions d’admission : parfois, des jeunes sont freinés dans leur projet, parce qu’ils n’ont pas le Certificat de l'enseignement secondaire supérieur (CESS) ou qu’il leur manque simplement un document. Instaurer des conditions qui privilégient le contenu plutôt que le respect d’exigences formelles.
Pistes concrètes privilégiées par les participants :
1.- Amener l’information utile et concrète dans les quartiers et les marchés à la rencontre des jeunes (infobus) et exploiter aussi pour ce faire les contacts de proximité existants comme les écoles, les maisons de jeunes, les stations de métro, etc.
2.- Développer Carrefour Formation et/ou s’inspirer de l’exemple de la ‘Cité des Métiers’ pour rassembler toute l’information utile en un seul lieu convivial, pour éviter le saupoudrage actuel dans des vecteurs d’informations souvent mal adaptés à la vie des jeunes.
3.- Jouer davantage sur la fonction d’exemple, d'ambassadeur en faisant témoigner les jeunes (et leurs proches) qui ont réussi leur parcours de formation et se sont bien insérés dans la vie professionnelle.
4.- Equiper les écoles et les centres de formation d’un matériel à la hauteur (techniquement adapté et ‘up to date') de celui dont les jeunes sont appelés à disposer dans les entreprises qui les engageront et au monde du travail actuel.
5.- Multiplier (via notamment les FPI, les stages et le tutorat) les contacts entre les jeunes en formation et les entreprises afin de combattre les préjugés et les a priori de part et d’autre.
6.- Supprimer le stage d’attente (au minimum : lui donner un autre nom), remplacer l’allocation d’attente par une ‘allocation de détermination’. Mieux utiliser cette période pour laisser le temps au jeune de définir son projet.
Atelier 2 : Quels outils pour garantir la réussite ?
Que faire pour s’assurer que les jeunes entrent en formation, y demeurent et finalisent leur parcours ?
Piste 1 : aménager et renforcer la coordination des passerelles entre opérateurs
Il faut aménager les ‘trous’ entre les différentes formations, de sorte à éviter que les jeunes se découragent et finissent par abandonner leur parcours. Eviter qu’à la fin d’une formation, on débouche sur un échec, sans solution ou porte de sortie, de sorte à redonner de l’espoir et maintenir le goût d’apprendre. Il manque une coordination entre les différents opérateurs à différents niveaux, de manière à ce que la formation puisse se poursuivre de façon harmonieuse, sans que le jeune soit confronté en permanence à la logique de l’échec. « L’important, vu la multiplicité des parcours, c’est que le jeune ne se retrouve pas systématiquement à chaque étape face à un vide, sans qu’une alternative se présente clairement à lui. Mais cette dernière information ne passera que si les différents opérateurs se connaissent assez bien entre eux pour assurer le relais chaque fois que c’est possible ». « Il faut éviter aussi que l’alternative proposée se limite à une formule qui demande un long délai d’attente ».
La réflexion du groupe sur cette coordination des passerelles a débouché sur la mise en évidence de l’exemple du VDAB qui, à Bruxelles, assure des formations professionnelles ouvertes à tous, comprenant trois étapes qui peu à peu préparent et font réfléchir le jeune sur la finalité du parcours, de manière à bien vérifier le choix de sa formation : formation au néerlandais de base, apprentissage du néerlandais orienté métier, immersion dans des milieux professionnels comme l’entreprise. Des parcours qui très souvent se concluent par des contrats dans l’entreprise en question. Cette démarche est facilitée, pour ce qui est de la Région flamande, par l’articulation entre les organismes de formation et celles du placement et de l’emploi; ce qui donnerait beaucoup plus de chance au jeune de faire le bon choix et d’aboutir à un emploi à l’issue de sa formation. Inconvénient : la filière est relativement longue (4 mois pour la première étape, 5 à 9 pour la deuxième, plus 3 à 9 mois pour l’étape de formation proprement dite). Sans chercher à faire des comparaisons avec ACTIRIS, le groupe constate que, à l’issue du parcours VDAB, le jeune revient plus souvent avec un réel projet de vie. Sans doute parce qu’il est mieux pris en main tout au long du parcours, que celui-ci réduit les risques de se tromper et qu’il a plus souvent le sentiment d’être dans du concret et du fonctionnel. (2 votes)
Renforcer la collaboration entre les différents organismes type ACTIRIS, Missions locales, ONEm, etc., dans un souci de simplification administrative (lieux, documents, procédures, formalités, etc.) visant à permettre au jeune de s’y retrouver plus facilement, sans être balloté d’un lieu à l’autre et en limitant les démarches administratives généralement trop compliquées et rébarbatives.
Assouplir les articulations entre les différentes phases et les différentes passerelles de l’insertion, qui à certains égards reposent sur des structures et des mentalités relativement figées. Créer à cet effet un dispositif du type SAS (Service d’Accrochage scolaire) entre l’école et l’insertion (emploi, formation,…), de manière à faciliter la transition (information, orientation, etc .) dès que le jeune sort de l’école, de manière à ce que le jeune qui décroche vers 15 ou 16 ans ne soit pas contraint d’attendre ses 18 ans pour pouvoir quitter l’école. (articulation avec la piste 2). Dans le même esprit, il conviendrait de faciliter le passage entre le SAS et la détermination, afin de permettre aux jeunes de bâtir (le cas échéant via une formation qualifiante) un projet de vie tout en s’appropriant leur identité d’adulte. La réflexion sur la démarche des SAS, amène le groupe à souligner qu’il ne faut pas nécessairement créer du neuf. Il propose tout simplement de remettre l’obligation scolaire à 16 ans. (9 votes)
Permettre, via un accord de coopération entre la Communauté française (CF), la Cocof et la RBC, que les missions locales et les organismes d’insertion socioprofessionnelle (ISP) puissent bénéficier (à l’instar des services d'Aide en milieu ouvert-AMO) d’une dérogation ou d’un agrément autorisant le jeune en obligation scolaire à bénéficier des services particuliers des dispositifs individualisés d’insertion socioprofessionnelle. (8 votes)
Considérant que le jeune fait face à un problème multi-facette qui doit pouvoir être abordé de manière globale, envisager, par le biais par exemple des missions locales, la création d’un consortium de prise en charge du jeune, englobant contractuellement tout ce qui concerne la vie du jeune dans son contexte de vie (logement, santé, santé mentale, etc.). Les participants sont partagés sur le caractère obligatoire ou non de cette formule qui vise en particulier à élargir le réseau de l’insertion socioprofessionnelle autres acteurs du monde associatifs, voire au monde de l’entreprise. « Il y a pléthore de dispositifs qui s’ignorent et se renvoient la balle quand cela les arrange ». (1 vote)
Piste 2 : adapter les offres de formations aux réalités et aux attentes du jeune
Il s’agit ici de coller de plus près à l’évolution des mentalités et de la société, en adaptant le système aux nouvelles réalités constatées.
Mettre en place un nouveau type de formation où le jeune aurait la possibilité de faire plusieurs essais avec plusieurs types de boulots (détermination ciblée métier), mais à travers des approches axées sur la pratique d’un métier. « C’est très difficile avant 21/22 ans d’amener le jeune à se déterminer vraiment sur ce qu’il aime ou n’aime pas”. L’expérimentation réelle des métiers l’aidera à se positionner. Les participants font cependant remarquer qu’une concrétisation systématique des formations à travers des activités réalisées pour une bonne part sous forme de stages-tests au sein de l’entreprise, pose sans doute des problèmes de praticabilité (disponibilité, encadrement, suivi, etc.). Ils suggèrent de donner du concret à la formation en rendant plus visible et lisible (à travers des visites de formations en cours ou de courtes mises en situation notamment) le parcours de formation proposé pour déboucher sur une compétence ou un métier donné. Voire, à l’instar de ce que faisait l'ex- Centre d’orientation de Bruxelles Formation, de proposer des parcours-tests à travers diverses formations via de mini-modules étalés sur deux ou trois semaines. On cite également l’expérience des stages d’observation de JES en Région flamande et les essais métiers initiés par le FOREM. De quoi visualiser plus aisément les parcours proposés et orienter ses choix. Par ailleurs, certains participants soulignent la nécessité d’aider les jeunes à se construire en travaillant parallèlement sur la réflexion du jeune, ses a priori, ses schémas, ses blocages, son sens de la citoyenneté, etc. (16 votes)
Développer les formules de filières en s’inspirant du modèle des filières innovantes, exploité par les missions locales. Modèle qui serait alors élargi à d’autres secteurs. Avec une phase d’orientation professionnelle, de formation qualifiante et de mise à l’emploi, dans un souci permanent de concret. Avec aussi une vision claire, dès l’entrée en formation, sur l’aboutissement du parcours, soit à travers un emploi, soit, si la réussite n’est pas au rendez-vous, via un accompagnement pour faciliter la suite. Cela pour répondre au désir de concret perçu à travers les témoignages. Ce qui suppose un partenariat soutenu avec les entreprises (en ce compris le secteur public et non-marchand) qui conforte ces perspectives d’engagement.
Multiplier les formations modulaires ‘en continu’ permettant aux jeunes de prendre le train en marche, en cours d’année sans devoir attendre le lancement d’un nouveau cycle quelques mois plus tard. Ceci pour permettre d’éviter les longues périodes d’attente qui parfois débouchent sur de nouvelles insatisfactions et des décrochages.
Susciter des formations axées sur les nouveaux métiers, en renforçant la collaboration entre les différents services et les entreprises. Faire la chasse aux formations qui ne débouchent sur aucune perspective d’avenir.
Piste 3 : reconsidérer les approches pédagogiques
Il s’agit de prendre ses distances avec des méthodes trop scolaires, sans lien évident avec un objectif pratique clairement identifiable. Aller vers des formations moins braquées sur des transmissions de savoir que le jeune subit assis sur une chaise des journées durant. Parmi les pistes proposées pour aller dans ce sens, l’exploitation intelligente des nouvelles technologies et l’individualisation du travail.
Le groupe note en préambule que le passage par l’une ou l’autre forme d’évaluation normative souvent critiquée au cours de la journée, est nécessaire et utile sur le plan pratique. Et il considère plus efficace à cet égard de travailler sur la formation (continue) des formateurs au niveau pédagogique notamment (il y a trop peu d’évaluation à ce niveau). Le formateur ne doit pas être seulement capable de transmettre des compétences, mais aussi de créer une cohésion de groupe au niveau de jeunes en formation, dont le rassemblement au sein d’une formation résulte d’histoires personnelles très diverses (un groupe n’est pas l’autre > d’où la nécessité de pouvoir ajuster sa pédagogie au groupe). Il doit être capable aussi de valoriser les acquis et compétences individuels non ‘certifiés’. Lorsqu’un jeune envisage de décrocher, cette cohésion de groupe est très utile pour le ramener dans le projet commun, en exploitant les liens individuels qui se sont créés et la solidarité qui en émerge (coaching du groupe par le groupe).
Le formateur d’adultes doit, insiste-t-on, être avant tout un animateur de groupe. Un profil trop centré sur l’enseignement et la transmission de savoir, laisse trop souvent de côté la nécessité d’amener tout le groupe vers l’objectif. (4 votes)Redonner une dimension collective à la formation en multipliant les projets collectifs et une pédagogie du projet. L’apprentissage s’y ferait alors non plus, ‘assis sur un banc’, au travers de la transmission de savoirs ou de compétences, mais au travers du développement en commun d’un projet réclamant de tels savoirs ou compétences : construction d’un site web, élaboration d’un espace vert ouvert au public, etc. L’accrochage est alors assuré par la participation de chacun au projet, la mise en commun des savoir-faire, et une certaine forme de solidarité qui en émane. Ce qui suppose de la part des formateurs/animateurs, une compétence à la conception, la mise en route et l’animation de projets collectifs. On propose aussi de mieux mettre à profit le réseau naturel du jeune (le métier ou l’activité d’un proche par exemple, mais aussi ses savoir-faire informels glanés au fil de ses expériences passées) pour identifier des soutiens envisageables et s’aligner au plus près sur ce que le jeune connaît et apprécie (approche systémique).
Limiter l’évaluation normative et les bilans sanctions (néanmoins nécessaires pour que le jeune garde une vision réaliste sur ce dont il est capable, et ait accès à une formation qualifiante) qui ne peut que renvoyer des images d’échec à des jeunes qui pour la plupart ont déjà vécu le décrochage. S’orienter vers une évaluation plus ‘formative’ et des autoévaluations dans un esprit de pédagogie de la réussite. Faire une plus grande place au rythme de l’individu face au rythme collectif qui conditionne trop systématiquement l’acquisition de compétences et son phasage dans le temps (chacun son rythme d’apprentissage). Travailler en relation plus étroite avec le jeune, renforcer l’écoute.
“On n’aide pas assez les jeunes à s’orienter. On a trop tendance à confondre orientation et sanction des études”.
“Attention à la tentation d’individualiser à outrance le parcours, les trajectoires, l’accompagnement, bref tout le travail de formation et d’insertion: si on ne garde pas le ‘nous’, il n’y aura un jour plus de’ je’ possible”.
Piste 4 : mettre l’information en adéquation avec les réalités du jeune
Rationaliser et rendre plus efficiente l’information relative à l’insertion en termes d’outils, de méthodes et de forme (jugées trop institutionnelles et ‘fermées’) en la rapprochant des jeunes les plus concernés. On évoque ici, à titre d’exemple, des bus d’information qui circuleraient à l’intérieur des quartiers ‘difficiles’ et diffuseraient l’information utile via des animations et une réelle volonté de dialoguer. « Il faut aller ‘vers’ les jeunes ». Information ciblée métier avec une formation garantie.
Exploiter plus largement les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, pour faire circuler de manière (inter)active les informations et les témoignages.
Mieux préparer l’entrée en formation (peu de jeunes y sont réellement préparés mentalement), via par exemple une sorte de module préparatoire de quelques semaines ou quelques mois, qui travaillerait, en articulation avec le détermination généraliste, certains axes particuliers comme la confiance en soi, l’estime de soi, le goût d’apprendre. S’ils ne sont pas travaillés, ce sera l’échec assuré en bout de formation. Il faut à cet égard sortir du bipolaire emploi-formation et s’ouvrir à des structures qui travaillent sur d’autres champs en relation avec les jeunes et développent une action complémentaire qui pourrait venir en relais en faisant jouer leurs contacts souvent privilégiés avec ce public.
Mettre sur pied un projet pilote où des jeunes se réuniraient en groupes de créativité pour réfléchir à des alternatives de formations mieux adaptées à la situation réelle des jeunes en décrochage.
Evaluer les dispositifs mis en œuvre, tant au niveau qualitatif que quantitatif, et rendre ces informations publiques, de manière à pouvoir assurer une forme de benchmarking.
Pistes concrètes privilégiées par les participants :
1.- Assouplir les articulations entre les différentes phases et les différentes passerelles de l’insertion par des dispositifs de type Service d'Accrochage scolaire (SAS) pour éviter les périodes d’attente démobilisantes.
2.- Remettre l’obligation scolaire à 16 ans pour permettre au jeune de bénéficier plus tôt des services particuliers et des dispositifs individualisés d’insertion socioprofessionnelle.
3.- Mettre en place des formules de formation permettant au jeune en décrochage de tester plusieurs pistes ‘métier’ via des mini-stages d’essai les mettant en contact avec la pratique concrète des métiers envisageables.
4.- Travailler sur la formation (continue) des formateurs dans un esprit de pédagogie du projet, en mettant l’accent sur les qualités d’animateur des formateurs.
5.- S’inspirer de l’exemple du VDAB dans la progressivité du parcours de formation et l’articulation des démarches formation et emploi.
Atelier 3 : Comment étoffer et améliorer l’offre de formation ?
Que faire pour que la formation à destination des jeunes soit davantage en adéquation avec les attentes (actuelles et à venir) du monde de l’emploi ?
Piste 1 : adapter les modalités de formation (18 votes)
Créer un « module d’appel », d’accrochage en 4-5 semaines, qui ne soit pas scolaire, mais donne envie de poursuivre une formation. Ce module peut se concevoir avec des matinées « ludiques » (sports, arts, musique) et des après-midi de détermination de projet. Inséré dans un cursus de 6 mois avec des journées de découvertes métier, lors de la phase de détermination, il pourrait se clôturer par quatre semaines de stage en entreprise. Un tel module pourrait aider les jeunes qui ont décroché de tout, à se relancer dans un projet constructif.
Eviter de regrouper tous les jeunes ensembles dans les formations, mais, au contraire, garder une certaine hétérogénéité des publics (afin d’éviter l’effet de stigmatisation). Pour autant, il est important que les formateurs aient une approche « jeune ». Qu’ils utilisent un langage et des outils qui parlent aux jeunes.
Démultiplier l’offre de formations et les fréquences : ventiler l’offre sur douze mois et ne plus la faire coller au cycle scolaire.
Offrir des équipements actualisés.
Piste 2 : mieux former les formateurs (9 votes)
Renforcer la formation continuée des formateurs. Ils doivent être sensibilisés aux publics jeunes et à leurs attentes.
Veiller à ce que les formateurs gardent un lien avec le monde de l’entreprise (recyclage concret dans les matières enseignées). On est trop souvent confronté à des formateurs dont le savoir technique remonte à vingt ans et est en déconnexion avec les techniques actuelles. Or, si les journées de formations sont obligatoires pour les formateurs, elles ne le sont pas forcément dans les matières enseignées : pourquoi ne pas prévoir des journées en entreprises dans les métiers qu’ils enseignent ?
Revaloriser le métier de formateur qui doit être plus attrayant (plus intéressant que de travailler en entreprises) et plus rémunérateur (financièrement).
Valoriser les jeunes par l’exemple, pour les motiver, notamment via :
des expositions, la réalisation de choses utiles, des échanges de savoir entre les sections (ex : les étudiants en bureautique apprennent au menuisier à rédiger des courriers), des « concours d’excellence » pour encourager l’émulation (cf : les émissions de télé concours culinaire qui ont provoqué un boom dans les filières cuisine – attention ceci pourrait être une fausse bonne idée, car ne valorisant que les meilleurs, concept très scolaire et décourageant pour ceux qui n’obtiennent pas la première place).Simplifier l’accès aux centres de référence professionnelle.
Piste 3 : enrichir et diversifier les types d’offre (12 votes)
Uniformiser les intitulés et contenus des formations . Parfois, les employeurs sont confrontés à des jeunes qui ont suivi la même formation, mais avec des intitulés différents (ex : spécialisation en « toitures vertes » ou en « toitures végétales »). Difficile de s’y retrouver.
Faire le lien entre le contenu des formations et les métiers pour que les jeunes puissent y trouver du sens. Orienter les cours généraux avec des exemples tirés des métiers (les cours de français donnés aux futurs plombiers doivent avoir un lien avec la profession. Parler de Mallarmé n’a pas beaucoup de sens).
Revaloriser certains métiers. Parfois, on a tendance à proposer une formation à un jeune parce qu’il y a de l’emploi dans cette filière, mais il faut aussi prendre en compte l’intérêt du jeune pour certaines filières afin qu’il soit motivé à aller jusqu’au bout de la formation.
Tenir compte du contexte linguistique belge en proposant par exemple des formations systématiquement bilingues pour renforcer la connaissance de l’autre langue. Le bilinguisme donne plus d’opportunité d’emploi. Dans le même ordre d’idée, on peut aussi encourager les jeunes à effectuer leur stage dans une autre région linguistique que la leur. Il faudrait, par exemple, envisager des collaborations souples avec le VDAB (ce qui n’est pas toujours possible avec des jeunes inscrits chez ACTIRIS).
Ce point a été contesté par certains intervenants : pour le public ciblé, la maîtrise de la langue française pose déjà question et il s’agit de formations courtes. Il serait contre-productif d’envisager l’apprentissage obligatoire d’une seconde langue à ce niveau (décourageant pour les jeunes : une barrière de plus à l’accès aux formations). Idée : ne pas trop charger la barque, mais progresser par étapes, par acquisition successive et progressive de compétences.
Des jeunes qui sortent de l’école arrivent en alphabétisation. Il faut prendre en considération ces jeunes dont la langue maternelle n’est pas le français (mise à niveau nécessaire en langue française, avant même de songer à un bilinguisme fr/nl).
Augmenter l’offre de formations de base et de détermination généraliste ou ciblée. Augmenter la construction de projet Réflexion & Compétence.
Multiplier les formations modulaires courtes répondant à un besoin avéré si possible en partenariat étroit avec les entreprises. Axer sur la remise à niveau.
Mettre en place une plateforme d’orientation, une maison qui renseigne sur toutes les offres de formations existantes : une sorte de « Cité des Métiers », par exemple.
Dépoussiérer l’offre de formation et/ou la remettre au goût du jour, voire supprimer les filières obsolètes.
Reconnaître les formations alternatives comme faisant partie du parcours d’insertion du jeune, afin de lui ouvrir l’accès à certains droits (chômage, formations).
Point d’attention : certains modules de base (pré-requis) pour entrer en formations qualifiantes existent, mais leur nombre est insuffisant actuellement.
Débat : de nombreux jeunes cherchent un métier, veulent travailler et on leur demande, en gros, de repasser le Certificat d'études de base (CEB). Il faut adapter les formations à ce besoin et non pas l’inverse.
Piste 4 : renforcer les stages et le partenariat avec les entreprises (14 votes)
Favoriser les contacts entre les jeunes et les entreprises . Le dialogue entre les organismes de formations et les entreprises est fondamental. Durant les formations, le recours au monde de l’entreprise doit être plus systématique (témoignages, etc.). De plus en plus, on est face à des jeunes qui n’ont jamais vu leurs parents travailler. Il est important de leur donner une image positive du monde du travail. Il faut que les formations s’ouvrent beaucoup plus au monde de l’entreprise, pas seulement durant les stages. On peut imaginer les jeunes aller dans les entreprises pour s’informer sur les métiers (à l’image de petits reporters qui vont interviewer les directeurs et employés) pour mieux les comprendre.
Diversifier les partenariats avec les entreprises : stages mais aussi tutorat. Actuellement, les stages en entreprise en ISP, se limitent à 152 heures. Il faudrait faire évoluer les stages en fonction des métiers, sans que cela ne devienne du travail déguisé. Le stage doit aussi avoir pour vocation d’être un tremplin pour l’emploi. Les stages doivent intervenir à tous les niveaux de la formation (y compris au niveau de la formation de base) et pas seulement en fin de formation : c’est important pour un public qui a besoin de se confronter concrètement à un métier, cela permet d’accrocher le jeune dans la formation et d’accentuer l’effet « tremplin » vers l’emploi. Remarque : au niveau des CPAS, on est actuellement dans une logique de 15 jours de stage maximum. Il faudrait revoir le cadre légal pour proposer une offre de stages plus vaste et diversifiée. Se pose la question de l’incitation des entreprises à accueillir les stagiaires.
Débat autour de la question du Certificat de l'enseignement secondaire supérieur :
Pour avoir accès à certaines formations/ou emplois, il faut avoir le CESS. Il existe des modules de deux ans pour obtenir le CESS. Ces modules devraient impérativement être soutenus et financés.
Ouvrir plus les formations aux jeunes détenteurs du CESS et qui sont en recherche d’emploi. Ce point de vue a fait débat : Il faut se rappeler que l’ISP s’est justement développée pour des personnes ne disposant pas du CESS (car les jeunes les moins qualifiés sont précisément ceux qui ont les plus grandes difficultés à trouver un emploi). Pour l’instant, les formations ISP restent ouvertes, à hauteur de 20%, aux détenteurs du CESS. Nombreux participants estiment que cette proportion qui favorise les moins qualifiés doit rester une priorité. MAIS : pour de nombreux emplois à faible qualification, on exige de plus en plus le CESS. Suggestion : les formations pour l'obtention du Certificat de l'enseignement secondaire inférieur (CESI) devraient être considérées comme ouvrant des droits équivalents à ceux du CESS (pour ouvrir la porte à certains emplois). Cette évolution est importante pour les jeunes qui souhaitent une formation relativement rapide.
La validation des compétences : actuellement, il faut deux ans de formation pour obtenir l’équivalence CESS. C’est un temps beaucoup trop long pour des jeunes qui souhaitent une rapide remise à l’emploi. Il faudrait imaginer un système de validation des compétences (de type informel et liée à l’expérience) couplé à une formation plus courte.
Il faut garder à l’œil que de nombreux jeunes n’ont ni le CESS, ni même le CESI, parce qu’ils ont décroché tôt de l’école. Ils ont donc simplement le niveau du Certificat d'études de base.
Propositions annexes :
Augmenter le nombre de places en crèches pour permettre aux jeunes mamans de poursuivre une formation.
Valorisation des petits salaires pour stimuler les jeunes à prendre ces emplois et donc s’y former.
Développer des emplois peu qualifiés (emploi de proximité) pour des personnes peu qualifiées.
Pistes concrètes privilégiées par les participants :
1.- Décloisonner les politiques d’enseignement, de formation et d’emploi en renforçant la synergie entre tous les acteurs (acteurs de la formation, entreprises,…).
2.- Mieux former les formateurs aux publics jeunes. S’assurer qu’ils gardent un lien permanent avec le monde de l’entreprise.
3.- Renforcer les stages et diversifier les partenariats avec les entreprises.
4.- Créer un « module d’appel », d’accrochage en 4-5 semaines, qui ne soit pas scolaire, mais donne envie de poursuivre une formation.
F.- Conclusions de Mme A.F. Theunissen
Madame Theunissen conclut en insistant sur le caractère pluriel de la journée. Le film relatant de témoignages de jeunes pose les questions du choix professionnel, du rapport à l'adulte, de l'adéquation des systèmes aux attentes des jeunes, des transitions possibles après l'école.
Elle constate, à travers les ateliers, que le temps a manqué pour développer certains aspects dont ceux liés aux rôles des divers acteurs, au décloisonnement et à l'articulation des différents mondes, à la mobilisation du monde socio-économique, à l'évaluation, à la question des stages ...
Elle retiendra que cette journée visait aussi la consultation sur le futur Plan stratégique de formation.
G.- Mot de clôture de M. Emir Kir
Le Ministre mentionne qu'un compte rendu reprenant les diverses pistes d'actions proposées à travers les ateliers sera envoyé à tous les participants.
Le Ministre remercie l'ensemble des participants pour le travail réalisé. Il se réserve la possibilité d'organiser une nouvelle rencontre pour présenter les propositions retenues dans le Plan stratégique à l'issue des travaux en cours.

